Affiché : Le 11 septembre 2008  -  15:00

Le STTP et la direction de Postes Canada : une vision de l’avenir très différente

Examen stratégique de Postes Canada / Bulletin

2008-2011/058

Si vous n’êtes pas convaincu qu’il existe une différence entre la direction de Postes Canada et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, un simple examen du mémoire présenté par chacun des deux organismes au comité de l’Examen stratégique de la Société canadienne des postes suffira à vous en convaincre.

 

Mémoire du STTP : des recommandations positives axées sur les services

Le mémoire du STTP comprend 25 recommandations positives visant le privilège exclusif, les questions financières, comme les tarifs et les dividendes, et les services à la population. Le STTP a choisi de ne pas se servir de l’Examen stratégique pour attaquer la direction, mais de concentrer plutôt son attention sur des recommandations essentielles à la sauvegarde de l’avenir des travailleuses et travailleurs des postes. Le STTP propose notamment une expansion des services de colis et de livraison à domicile. Quant aux services de vente au détail, il recommande de prolonger les heures d’ouverture et d’élargir la gamme des services offerts dans les bureaux de poste ruraux, en y incluant des services bancaires et financiers, des assurances et d’autres services gouvernementaux lorsque ces services ne sont pas offerts dans les collectivités en question. Il recommande l’amélioration des services postaux dans les réserves autochtones. Enfin, le STTP demande que Postes Canada effectue une évaluation environnementale de ses activités en vue de réduire son bilan carbone.

 

Mémoire de Postes Canada : employés, syndicats, politiciens, fonctionnaires, clients, entrepreneurs et arbitres; la direction s’en prend à tout le monde

Contrairement au STTP, Postes Canada ne propose aucune amélioration des services postaux. Elle demande plutôt une révision du moratoire sur la fermeture des bureaux de poste ruraux, pour qu’elle puisse en fermer un plus grand nombre.

Dans une grande partie de son mémoire, Postes Canada tente de rejeter le blâme sur tout un chacun, sauf elle-même. Il est évident que Postes Canada ne s’est pas encore résignée au fait qu’elle est une institution publique créée pour servir l’intérêt public. Postes Canada se plaint d’« une culture de gestion marquée par la peur du risque ». Les responsables de la situation seraient les syndicats, les politiciens, les fonctionnaires, les clients et même les entrepreneurs qui font pression sur le gouvernement. Le mémoire déplore aussi les décisions des arbitres qui annulent des décisions de la direction contraires à la convention collective.

 

Postes Canada s’en prend aux travailleuses et travailleurs des postes et au STTP

Postes Canada réserve ses attaques les plus virulentes aux travailleuses et travailleurs des postes qui ont mené de dures luttes en faveur de l’expansion et de l’amélioration des services offerts à la population. Le mémoire de Postes Canada indique ce qui suit : «  Le STTP se bat très ouvertement contre tout changement ou éventualité de changement dans la façon dont Postes Canada assure son service; il souhaite que le service postal reste le même qu’il y a 40 ans. »

Il est évident que la personne qui a rédigé ce passage ne connaît rien au STTP, à son histoire et à ses 53 années de luttes en vue de modifier et d’améliorer le service postal. Nous sommes habitués à ce que la direction de Postes Canada nous accuse de bien des choses, mais c’est la première fois qu’elle nous accuse d’appuyer le statu quo.

 

Des attaques contre notre convention collective

La direction n’aime pas que des tierces parties (ou arbitres) rendent des décisions qui lui sont défavorables quand elle enfreint notre convention collective. Toutefois, elle demande au gouvernement de nommer une tierce partie qui fera des recommandations sur les droits et protections qu’elle devrait supprimer de notre convention collective pour qu’elle puisse augmenter ses profits.

Dans son mémoire, Postes Canada se plaint des dispositions relatives à l’ancienneté, des protections liées aux changements technologiques, de la procédure de règlement des griefs et du fait que les arbitres trouvent souvent la direction coupable de violations à la convention collective. Postes Canada fait l’éloge des autres administrations postales qui ont réduit le nombre de postes à plein temps en ayant recours à un plus grand nombre de travailleuses et travailleurs à temps partiel ou à contrat.

 

L’hypocrisie de Postes Canada

Dans son mémoire, la direction tient tellement à s’en prendre aux travailleuses et travailleurs des postes qu’elle contredit même des affirmations de la présidente de Postes Canada, Moya Greene.

Le mémoire de Postes Canada indique que notre convention collective est complexe, rigide et contraignante et qu’elle « n’a aucune considération pour le client, le service ou la qualité ». Cette affirmation est tout à fait à l’opposé de ce que Moya Greene a dit en avril 2007 : « Cette entente négociée témoigne du profond engagement de Postes Canada et de ses milliers d’employés partout au pays à veiller à ce que nos clients et tous les Canadiens continuent de profiter du niveau de service le plus élevé possible. »

Je recommande que tous les membres lisent le mémoire du STTP et celui de Postes Canada et qu’ils se fassent leur propre opinion quant à celui des deux qui présente la meilleure vision de l’avenir.

Solidarité,

Denis Lemelin
Président national

 

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