Votre service postal public livre la marchandise
Campagne contre les fermetures, la privatisation
et la déréglementation à Postes Canada
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Affiché : Le 9 juin 2006  -  12:11

Présentation devant le Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires

Campagne contre la fermeture du centre de tri de Québec / Allocutions

Par Deborah Bourque
Présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes
Le 6 Juin 2006

Au nom du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, je désire vous remercier de la possibilité qui m’est offerte de m’adresser au Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires.

Le STTP représente 54 000 membres qui travaillent au sein des petites et grandes collectivités du pays. La majorité d’entre eux travaillent à Postes Canada.

J’estime qu’il est juste de dire que notre Syndicat sait mieux que quiconque ce qu’il faut pour que Postes Canada fonctionne comme il se doit. Le STTP possède une connaissance très étendue et concrète de cette institution publique. Nous connaissons son histoire, ses forces et ses faiblesses.

Je commencerai par ses forces, puis j’exposerai quelques-unes des faiblesses que nous constatons dans les ystème et quelques-unes des préoccupations que nous avons au sujet de l’avenir, le tout basé sur notre expérience et notre histoire.

Nous croyons sincèrement que les forces de Postes Canada résident dans son mandat.

La Société a le mandat, de par la loi, de fournir le service postal de base tout en l’améliorant, en étant autonome sur le plan financier et en équilibrant ses objectifs avec les besoins de ses employés, dont la plupart sont membres du STTP.

La loi qui régit ce mandat, soit la Loi sur la Société canadienne des postes, a été adoptée à l’unanimité par le Parlement en 1981. Cette loi est le fruit de plus de deux années d’une longue consultation entre les parlementaires, les groupes d’affaires et les syndicats postaux. Il s’agit d’une entente rédigée avec grand soin afin d’équilibrer les différents besoins, et nous croyons que ce document demeure toujours valable pour e public, les collectivités, de même que pour les entreprises, petites et grandes. Il n’y a pas d’opposition populaire au mandat actuel.

Malgré tout, nous avons constaté des signes qui indiquent que Postes Canada a décidé de façon unilatérale,ou a reçu instruction du gouvernement à cette fin – nous l’ignorons – de faire fi du mandat qui consiste à fournir un service postal public, à faire ses frais et à améliorer les relations de travail.

Avant de poursuivre, j’aimerais dire que, dans les remarques que je m’apprête à formuler, je n’ai aucunement l’intention de m’en prendre à Mme Greene comme étant l’unique responsable du non-respect du mandat de Postes Canada. Elle est la figure de proue de Postes Canada de même que sa porte-parole. Je crois qu’il va sans dire que le gouvernement est d’abord et avant tout responsable du respect du mandat qui incombe à Postes Canada et qui consiste à fournir un service postal public, à faire ses frais et à améliorer les relations de travail.

Pour être franche, les relations de travail semblent avoir pris une pente descendante après avoir connu une longue période de relations syndicales-patronales correctes, à tout le moins au palier national. Nous avons vécu presque dix ans de paix sociale. Nous avons travaillé fort pour élaborer des solutions aux problèmes en négociant et en mettant sur pied des projets pilotes. Toutefois, ces derniers temps, Postes Canada a adopté une attitude qui relève beaucoup plus de l’affrontement et elle semble être beaucoup moins intéressée à collaborer avec le Syndicat afin de trouver des solutions aux problèmes que connaît le service postal. Cependant, depuis quelques temps, Postes Canada semble avoir adopté une attitude qui relève davantage de l’affrontement et paraît beaucoup moins intéressée à collaborer avec le Syndicat en vue d’élaborer des solutions aux problèmes que connaît le service postal public. Moya Greene, présidente de Postes Canada, a appelé le STTP un « groupe d’intérêts particuliers ». Postes Canada nous a publiquement accusés de protéger la main-d’œuvre de façon excessive et d’être des marchands de peur. Tout cela parce que nous avons exprimé nos préoccupations quant à la fermeture de bureaux de poste et d’établissements postaux. Nous n’avions pas entendu pareils propos de la part de Postes Canada depuis le milieu des années 1980, époque où Don Lander,ancien président de la société d’État, avait tenté, de façon sauvage, de supprimer des emplois et de réduire le service, y compris de fermer des milliers de bureaux de poste.

La Société n’est pas non plus intéressée à exploiter le service postal de façon à ce qu’il soit autonome financièrement. Mme Greene ne croit pas que Postes Canada encaisse suffisamment d’argent, et ce, malgré le fait que la Société a dégagé des profits pour une onzième année consécutive. Cette année seulement, elle a réalisé des profits de 199 millions $. En fait, la présidente de Postes Canada a déclaré à un comité parlementaire qu’à son avis, la Société était en « perte de vitesse ». L’an passé, Postes Canada a livré un volume record de courrier à un nombre record de ménages. Elle a réalisé de profits de 199 millions $. Je ne crois pas que l’on puisse dire que la Société est en perte de vitesse.

Dernière remarque, mais non la moindre, Mme Greene semble penser que le service postal public est maintenant chose du passé et qu’elle n’a pas à y prêter attention. Elle se plaît à dire que Postes Canada est une entreprise commerciale et qu’on lui a confié un mandat commercial. Dans les faits, Postes Canada n’est pas une entreprise commerciale, mais bel et bien une société d’État.

Les activités des sociétés d’État comme Postes Canada sont publiques et commerciales. Cependant, elles ne sont pas des entreprises commerciales en ce sens qu’elles sont destinées à servir l’intérêt du public, et non pas simplement à maximiser les profits.

Les sociétés d’État comme Postes Canada n’ont pas de mandat d’affaires. C’est toutefois exactement ce que Moya Greene dit avoir, et cette référence constante au milieu des affaires, qui est essentiellement nuisible, menace de faire tort à notre système postal public.

 

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Rejet de la déréglementation postale dans le cadre de l’Examen stratégique de la Société canadienne des postes (Septembre 2009)

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