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et la déréglementation à Postes Canada
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Affiché : Le 24 juin 2008  -  09:00

Postes Canada : visée par un examen secret aux enjeux importants

Examen stratégique de Postes Canada / Article à faire paraître en regard de la page éditoriale

Le gouvernement conservateur fédéral entreprend un examen de quelques mois du service postal public universel qui aura une incidence déterminante sur l’avenir de notre service postal. Presque secret, cet examen pourrait réserver de très mauvaises surprises aux collectivités rurales. 

L’examen portera sur trois grandes questions fondamentales : Quels services postaux la population est-elle en droit de recevoir? Qui devrait fournir ces services? Postes Canada devrait-elle continuer de bénéficier du privilège exclusif sur la livraison des lettres portant une adresse (poste-lettres) ou devrait-on plutôt ouvrir le marché de la poste-lettres à la concurrence?

Si vous croyez qu’un peu de concurrence n’a jamais fait de tort à personne, prenez le temps d’examiner de plus près le fonctionnement du système postal. Le privilège exclusif que Postes Canada détient sur la poste-lettres lui permet de réaliser des revenus suffisants pour offrir des services postaux à l’ensemble de la population, peu importe l’endroit.

Il est vrai que le privilège exclusif fait rarement l’objet de débats, mais la plupart des gens semblent heureux de ses résultats. En effet, 91 % des répondants à un sondage Angus Reid affirment que le service postal universel à un tarif uniforme est l’un des grands avantages de Postes Canada.

Malheureusement, il se pourrait bien que le très populaire et égalitaire timbre à tarif-unique-peu-importe-la-destination disparaisse. Si, dans le cadre de l’examen, le gouvernement décide d’éliminer le privilège exclusif, Postes Canada serait fort probablement entraînée dans un gouffre financier. Les entreprises concurrentes du secteur privé se jetteraient sur les régions et les services rentables en laissant au service postal public tout ce qui rapporte peu. Aux prises avec une baisse de ses revenus, Postes Canada aurait de plus en plus de difficulté à assurer un service abordable et uniforme, surtout dans les régions rurales et éloignées du pays, jusqu’au jour où il lui serait impossible de le faire.

Même si l’examen du gouvernement risque de modifier la nature même du service postal, les conservateurs ne prévoient pas tenir d’audiences publiques ni faire grand-chose pour faire connaître leur examen auprès de la population. Ils ont publié un communiqué de presse dans lequel ils invitent les gens à soumettre un mémoire d’ici au 2 septembre 2008. Ils indiquent aussi que le comité consultatif chargé de l’examen consultera les « principaux intervenants ».

La décision de ne pas tenir d’audiences publiques et de fixer un échéancier très serré semble avoir été prise pour limiter les interventions de la population, qui est la principale intervenante et la véritable propriétaire de Postes Canada.

Nous trouvons aussi inquiétant que le président de l’examen soit l’auteur d’un livre (The Politics of Postal Transformation) qui recommande que le gouvernement fédéral élimine le privilège exclusif. Inquiétant, parce que les rares pays qui ont complètement supprimé leur privilège exclusif (ou monopole) sur les lettres en subissent les contrecoups : pertes d’emplois, diminution des services et augmentation des tarifs s’appliquant à la population et aux petites entreprises.

En ce moment, notre tarif postal de base compte parmi les plus bas des pays industrialisés. Le service de la poste-lettres est sûr, abordable et ponctuel dans 96,1 % des cas, sans compter qu’il est offert à l’ensemble de la population à un tarif uniforme. Selon un récent sondage national, Postes Canada est l’institution fédérale en qui la population canadienne a le plus confiance, devançant Radio-Canada et la Cour suprême.

Nous ne disons pas que le service postal est parfait. Nous tenons toutefois à faire remarquer que Postes Canada pourra difficilement améliorer les services si le gouvernement élimine le mécanisme même qui permet de financer le service postal public, c’est-à-dire le privilège exclusif. 

Si vous aimez le service postal sûr, abordable et universel tel qu’il est en ce moment et si vous croyez que le gouvernement fédéral tente de réparer quelque chose qui fonctionne bien, prenez le temps, d’ici au 2 septembre 2008, d’écrire à l’Examen stratégique de Postes Canada (330, rue Sparks, Ottawa (Ontario) K1A 0N5) et de lui dire. La dernière fois que les conservateurs ont été au pouvoir, ils ont fermé près de 1 500 bureaux de poste ruraux avant que l’indignation populaire et une défaite électorale n’y mettent fin. N’oubliez pas de mentionner qu’un examen mené à la hâte, sans audience publique, est loin d’être un moyen démocratique de décider de l’avenir du service postal public.

Denis Lemelin, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes

 

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Rejet de la déréglementation postale dans le cadre de l’Examen stratégique de la Société canadienne des postes (Septembre 2009)

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