Votre service postal public livre la marchandise
Campagne contre les fermetures, la privatisation
et la déréglementation à Postes Canada
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Affiché : Le 7 janvier 2008  -  09:00

Le Syndicat a une vision de la « poste moderne » différente de celle de Postes Canada

Campagne Votre service postal public livre la marchandise / Feuille de renseignements

Feuille de renseignements no 5

Le STTP a lui aussi une vision du service postal public. Notre vision est celle d'un service postal qui fournit un service de qualité à l'ensemble de la population, peu importe où elle habite, et qui est tenu de rendre des comptes à la population et au gouvernement canadien.

Notre vision est très différente de celle que Moya Greene, la présidente de Postes Canada, préconise auprès du milieu des affaires et des médias. Au dire de la présidente, l'investissement de milliards de dollars dans la modernisation de la Société rendront Postes Canada vraiment concurrentielle dans un marché déréglementé. Mais le STTP n'est pas prêt à concéder que l'avenir du service postal public doit passer par la déréglementation.

Jusqu'à présent, la présidente de Postes Canada s'est adressée surtout à des assemblées de gens d'affaires. De janvier à mai 2008, dans le cadre de forums régionaux, elle s'adressera, en compagnie d'autres représentantes et représentants de la direction, à quelque 700 membres du STTP choisis au hasard, et à plus de 3 000 superviseurs et gestionnaires, au sujet des projets de Postes Canada pour la modernisation du service postal.

La direction préconise un service postal modernisé et déréglementé, qui offre moins d'emplois et qui ne bénéficie d'aucun privilège exclusif lui permettant d'assurer un service postal universel. Il existe toutefois une autre vision du service postal public.

Le STTP luttera pour défendre le service postal public contre la déréglementation et la privatisation. Il insistera pour que la population et les travailleuses et travailleurs des postes bénéficient eux aussi de la modernisation du service postal. Le Syndicat a préparé un document intitulé Notre vision du service postal, qui propose des moyens de sauvegarder l'avenir du service postal public et des emplois qui y sont rattachés. Vous trouverez ci-dessous les points saillants de ce document. Vous pouvez aussi vous renseigner davantage à ce sujet en participant aux activités et aux événements organisés par le STTP, tels que les forums parallèles que le Syndicat tiendra au printemps au sujet du service postal. Surveillez votre tableau d'affichage local pour vous tenir au courant des activités auxquelles vous pourriez participer.

 

Notre vision du service postal

Grâce au service postal, nous pouvons tous, peu importe où nous habitons, profiter d'un système de communication et de livraison fiable et abordable, ce qui n'est pas rien dans un pays où la population est dispersée sur un vaste territoire.

Le service postal assure des emplois. Le service postal public joue un rôle clé dans le développement économique en fournissant aux collectivités et aux entreprises l'infrastructure stable dont elles ont besoin pour prospérer.

Malheureusement, Postes Canada croit que le service postal est une entreprise et elle a fait bien comprendre qu'elle entendait privilégier ses principaux clients, et non le public, soit les citoyens et citoyennes qui ont bâti le service postal.

Il est peu probable que le public et les travailleuses et travailleurs des postes trouvent leur compte dans un service postal qui délaisse de plus en plus ses objectifs d'intérêt public en faveur d'objectifs commerciaux.

Bien que le STTP reconnaisse que le service postal public doit s'adapter à un monde en constante évolution, il n'appuie pas sa transformation en une entreprise axée sur le commerce au moyen de la privatisation et de la déréglementation, la supposée « poste moderne ».

Il existe d'autres façons de relever les défis qui se posent actuellement au service postal public.

 

Plus précisément, le STTP veut un service postal qui :

  • demeure une entreprise publique tenue de rendre des comptes  au gouvernement canadien et à la population;
  • adhère à son mandat de service public;
  • conserve son privilège exclusif sur la collecte, la transmission et la livraison de la poste-lettres;
  • assure la livraison du courrier à domicile en milieu urbain;
  • assure la livraison du courrier en milieu rural;
  • assure la livraison des envois sans adresse;
  • propose des services novateurs de messageries et d'expédition  de colis;
  • élabore de nouveaux produits et services;
  • garde les emplois dans les collectivités;
  • conserve les bureaux de poste situés dans les collectivités  rurales et urbaines;
  • maximise le volume de travail effectué « à l'interne » et réduit  le plus possible le travail effectué par des sous-traitants;
  • fournit à ses employés et employées des emplois sécuritaires et  syndiqués, bien rémunérés et offrant de bonnes conditions  de travail;
  • permet aux travailleuses et travailleurs et au public de partager  les bénéfices que procurent les changements technologiques;
  • met en place le plus grand nombre possible de pratiques sans  danger pour l'environnement;
  • investit ses profits et ses dividendes dans les services, les  mesures de santé et de sécurité et la création de bons emplois.

Vous pouvez vous procurer, auprès de votre section locale, un exemplaire de notre document intitulé Notre vision du service postal ou le consulter dans notre site Web au www.servicepostalpublic.ca.

 


 

La modernisation transformera notre travail

Postes Canada a annoncé qu'elle investira des montants importants dans la modernisation du service postal. Cette modernisation transformera le travail des travailleuses et travailleurs des postes pour des années à venir. Le Syndicat ne possède pas encore beaucoup de détails à ce sujet, puisque Postes Canada nous a seulement fourni l'avis exigé aux termes de l'alinéa 29.03 a) de la convention collective de l'unité urbaine.

Néanmoins, nous savons que ces projets comprennent les éléments suivants :

  1. le tri séquentiel mécanisé du courrier livré par les factrices et facteurs et les FFRS (factrices et facteurs ruraux et suburbains),  le regroupement mécanisé des envois sans adresse et une motorisation accrue;
  2. un équipement de traitement du courrier de nouvelle génération;
  3. l'utilisation d'une nouvelle technologie pour effectuer les opérations de livraison des colis;
  4. de nouveaux établissements à Winnipeg et à Vancouver et des investissements dans d'autres installations.

Nous savons également que les projets de Postes Canada pourraient avoir un effet dévastateur sur nos emplois dans l'avenir.

Postes Canada compte récupérer les coûts de ces investissements massifs par le biais d'une très grande amélioration de la productivité. Or, cette productivité accrue pourrait donner lieu à la

suppression d'emplois dans chaque collectivité et chaque section locale. Le STTP estime que la nouvelle technologie devrait servir à l'amélioration des conditions de travail des travailleuses et travailleurs des postes et à l'expansion des services offerts à la population.

 

La fabrication d'une crise

Il y a quelques années à peine, le ministre responsable de Postes Canada affirmait que nous avions le meilleur service postal au monde. Depuis, les volumes ont augmenté, le rendement en matière de livraison s'est amélioré et Postes Canada a réalisé chaque année des profits importants.

Pourtant, malgré ces succès, la Société nous annonce soudainement que le service postal traverse une crise et que des solutions draconiennes sont nécessaires.

Outre l'investissement de 1,7 milliard $ que Postes Canada dit avoir prévu pour moderniser le service postal, nous avons, depuis quelques mois, à composer avec d'autres faits nouveaux :

  • Le Conference Board du Canada, dont Postes Canada est membre, a publié un rapport d'envergure dans lequel il recommande l'examen du mandat de Postes Canada, notamment pour étudier la possibilité de déréglementer et de privatiser le service postal.
  • L'institut C.D. Howe, dont Postes Canada est membre, a lui aussi publié un rapport qui préconise la privatisation et la déréglementation de Postes Canada.
  • Le gouvernement fédéral a déposé le projet de loi C-14 visant la déréglementation partielle du service postal public et la légalisation des activités illégales des entreprises de repostage.
  • Le ministre responsable de Postes Canada envisage la  possibilité d'effectuer un examen du mandat de Postes Canada.
  • De nombreuses forces, y compris le gouvernement fédéral, se préparent à attaquer le service postal public. Mais Postes Canada semble ne pas vouloir riposter à ces attaques. Par conséquent, il incombe encore une fois aux travailleuses et travailleurs des postes et à leurs alliés de se porter à la défense du service postal public.

 

La position syndicale sur les changements technologiques

En 1983, le STTP a incorporé dans ses statuts nationaux la politique A-14, qui décrit la démarche syndicale vis-à-vis des changements technologiques :

[…] la technologie [devant] servir le mieux-être des travailleurs et travailleuses et du public canadien en général, le syndicat insiste pour que tout changement technologique instauré par la Société canadienne des postes offre des avantages matériels aux membres […]. Le syndicat se sert de tous ses pouvoirs, y compris l'action industrielle, en vue d'éliminer tous les effets défavorables des changements technologiques.

Nous avons négocié l'insertion, dans la convention collective de l'unité urbaine, de fortes protections contre les effets indésirables des changements technologiques, y compris bon nombre des principes de négociation collective énoncés dans la politique A-14.

Depuis toujours, notre démarche consiste à ne pas nous opposer aux changements technologiques, à condition que tous les intervenants puissent en bénéficier, c'est-à-dire la direction, grâce à une productivité et une efficacité accrues, les travailleuses et travailleurs, moyennant la bonification de leurs conditions de travail et de leur sécurité d'emploi, et la population, par l'amélioration du service qu'elle reçoit.

Postes Canada doit respecter l'engagement qu'elle a pris aux termes de la clause 29.02 de la convention collective de l'unité urbaine, c'est-à-dire celui d'éliminer les effets défavorables des changements technologiques. Nous insistons pour que Postes Canada étende cet engagement aux membres visés par la convention collective des factrices et facteurs ruraux et suburbains (FFRS). L'article 29 établit un processus d'avis, de consultation et d'arbitrage des litiges en instance qu'il faut suivre avant que le nouvel équipement et les nouveaux processus ne soient effectivement mis en place.

Postes Canada doit s'entendre avec le Syndicat sur les moyens à prendre pour atténuer les conséquences des changements technologiques sur les emplois, améliorer les conditions de travail et accroître les possibilités d'emploi pour les membres. Il faut notamment :

  • Profiter de la construction des nouveaux établissements pour améliorer les milieux de travail en matière de santé et de sécurité.
  • Avant d'acheter une pièce d'équipement, en faire, dans chaque cas, une évaluation approfondie quant à son effet sur la santé et la sécurité des travailleuses et travailleurs.
  • Profiter de l'occasion qui se présente pour étendre le travail des travailleuses et travailleurs des services techniques (groupes 3 et 4) et récupérer à l'interne le travail de maintenance à effectuer dans les nouvelles installations.
  • Augmenter le nombre de comptoirs postaux, prolonger leurs heures d'ouverture et accroître la gamme de produits et de services afin d'améliorer le service offert au public et d'atténuer les pertes d'emplois causées par la mise en place du nouvel équipement et par la réorganisation du travail dans les établissements.
  • Récupérer à l'interne le travail actuellement sous-traité dans le but de protéger les emplois et d'améliorer le service.
  • Étendre la livraison à domicile dans les collectivités rurales et urbaines non seulement pour améliorer le service, mais aussi pour réduire les pertes d'emplois causées par la mécanisation du tri séquentiel.
  • Éviter la folie d'entreprendre précipitamment un programme massif de mécanisation du tri séquentiel avant d'avoir mis à l'essai l'équipement et les processus de travail. Postes Canada a déjà estimé que le tri séquentiel mécanisé pourrait retrancher une heure de travail de l'itinéraire de chaque facteur ou factrice.

 

La lutte pour les emplois et les services

Le syndicat est prêt à se battre au nom des membres et de la population. Le Conseil exécutif national du STTP a mis sur pied un comité chargé de mener une consultation nationale à ce sujet. Le comité se compose de la présidente nationale, du 4e vice-président national, de la directrice nationale de la région des Prairies et des directeurs nationaux des régions du Pacifique et du Toronto métropolitain. La permanente syndicale nationale responsable de la consultation, ainsi que d'autres directeurs nationaux, permanentes et permanents syndicaux nationaux et certains membres du personnel collaboreront également avec le comité, au besoin.

Le STTP mettra sur pied, à tous les paliers du Syndicat, des comités de consultation et des groupes de travail qui se pencheront sur les enjeux particuliers pouvant toucher certains groupes de travailleuses et travailleurs des postes. Nous tenterons, à chaque étape du processus, d'éliminer les effets indésirables, de négocier notre part des bénéfices et de protéger les emplois et le service.

Le Syndicat communiquera avec les membres et le public. Il mobilisera les membres, ses alliés et la population dans la lutte pour la sauvegarde des emplois et du service postal. Pendant la tenue des forums régionaux de Postes Canada, nous serons visibles dans les lieux de travail, dans les collectivités et dans les médias.

Les travailleuses et travailleurs des postes accomplissent depuis des décennies un excellent travail et contribuent à la réalisation des profits élevés de la Société. Par conséquent, nous n'entendons pas reculer.

 

Et si Postes Canada était déréglementée?

En 1996, la Société canadienne des postes a commandé à la firme Coopers Lybrand une étude sur les répercussions d'une perte éventuelle du privilège exclusif de la Société sur le traitement des lettres. Coopers Lybrand a conclu qu'advenant l'élimination du privilège exclusif, la Société ne pourrait pas assurer sa viabilité bien longtemps.

L'étude de Coopers Lybrand se fondait sur l'hypothèse selon laquelle le privilège exclusif de la Société serait aboli le 1er avril 1997. Elle rejetait l'avis selon lequel l'expérience de la Suède, de la Finlande et de l'Argentine en matière de déréglementation postale pouvait aussi s'appliquer au Canada. Elle tenait pour acquis que d'importants volumes de courrier traités par Postes Canada seraient vite pris d'assaut par la concurrence. Selon le rapport, « Beaucoup d'entreprises de messageries, de distributeurs de médiaposte et de fournisseurs pourraient s'organiser rapidement pour livrer des factures et des publications régulières d'entreprises de services publics, de municipalités, d'organismes de bienfaisance, de détaillants et d'entreprises de services financiers. On peut supposer sans danger que l'entreprise perdrait une part du marché des volumes interentreprises et entreprises à domicile sur les marchés à forte densité. »

La firme Coopers Lybrand a prédit que toute mesure, telle que l'élimination du privilège exclusif, provoquerait presque certainement des affrontements inouïs entre le gouvernement, la direction et les syndicats. L'étude estimait qu'en 2000, de 18 000 à 22 000 employées et employés de Postes Canada auraient perdu leur emploi. Elle admettait cependant la possibilité que des travailleurs et travailleuses puissent décrocher un emploi dans l'une des entreprises de livraison du secteur privé.

 

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Documents connexes

Rejet de la déréglementation postale dans le cadre de l’Examen stratégique de la Société canadienne des postes (Septembre 2009)

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