Votre service postal public livre la marchandise
Campagne contre les fermetures, la privatisation
et la déréglementation à Postes Canada
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Affiché : Le 28 février 2008  -  09:00

Urgent – demande de soutien contre la fermeture du bureau de poste de Pointe-Sainte-Charles

Campagne Votre service postal public livre la marchandise / Divers

La collectivité de Pointe-Saint-Charles, située à Montréal, s’oppose à la décision de Postes Canada de fermer un bureau de poste de la localité pour en ouvrir un autre dans un parc industriel, où l’endroit ne convient à personne. Les gens de Pointe-Saint-Charles veulent garder leur bureau de poste ouvert. La fermeture du bureau de poste est prévue pour le 28 mars prochain.

La population et les organismes de Pointe-Saint-Charles vous demandent de les aider à empêcher la fermeture du bureau de poste.

 

Ce que vous pouvez faire :

 

Coordonnées d’Action-Gardien :


Adresse postale :

Action-Gardien
Table de concertation communautaire de Pointe-Saint-Charles
500, rue Ash, Montréal (Québec) H3K 2R4


Téléphone :  

(514) 509-0795

 


 

Le discours d’Action-Gardien

Montréal, le 14 février 2008.

 

Le 14 février 2008, Madame Moya Greene, Présidente de la Société canadienne des postes (SCP), a tenu un forum à l’hôtel Sheraton pour exposer son plan de modernisation du système postal. Des représentants et des représentantes du quartier Pointe-Saint-Charles étaient présents à l’extérieur pour lui rappeler qu’ils refusent la fermeture de leur bureau de poste. Ci-dessous l’allocution de Karine Triollet, porte-parole Action-Gardien, la Table de concertation communautaire du quartier.

«Avec l’exemple de Pointe-Saint-Charles, on a une bonne idée de ce que ce plan de modernisation va signifier ou signifie déjà pour les citoyens du Québec et du Canada tout entier : des fermetures, franchises, ou délocalisations qui privent la population des services auxquels elle a droit.

Il y a quelques mois, en catimini, la Société des postes a décidé de fermer le seul bureau de poste du quartier, et de le déménager aux abords du Pont Victoria, loin des zones habitées du quartier, dans un coin inaccessible en transport en commun, congestionné par le trafic automobile vers la rive-sud. Bref, un service au milieu de nulle part. Pour les 13000 habitants du quartier, il s’agit de la perte pure et simple d’un service de proximité, d’un service public qui devrait pourtant être accessible à tous.

Cette décision est inconsidérée, indéfendable au plan social et incompatible avec le mandat public de Postes Canada. Les citoyenNEs du quartier se sont largement mobilisés depuis plusieurs mois, et ont fait des représentations auprès de Mme Greene et du ministre Cannon, responsable de la Société des postes, pour leur demander de revenir sur leur décision.

Voyons ensemble leurs arguments, qui nous été transmis par le biais de bref communiqués.

1er argument. Dans le premier communiqué, Madame Lortie, la responsable de Poste Canada, a annoncé qu’il s’agissait d’une  «décision d'affaire ». Est-ce que Poste-Canada aurait oublié que son mandat, c'est de fournir un service postal public, tout en l’améliorant, et en étant autonome sur le plan financier? Comme tout service public, son objectif est de rendre le meilleur service possible à l’ensemble de la population, et non pas de maximiser des profits comme un service privé. Si profits il y a, ils doivent être réinvestis dans l’amélioration des services. Et on rappelle que la Société des postes a réalisé des profits au cours des 11 dernières années. Nous posons la question à Mme Greene : où est l’amélioration quand on prive de services  les citoyens d’un quartier?  

2eme argument. Selon Postes Canada, la fréquentation du bureau de Pointe-Saint-Charles serait trop faible. Si vraiment il y avait un problème de fréquentation, est-ce que ce serait en éloignant le point de service de la partie habitée du quartier que le problème serait réglé?  Plus fondamentalement, à partir de quand un bureau est-il jugé trop peu fréquenté? Jusqu’où va aller la logique de rationalisation, de diminution de services jugés non rentables. Est-ce qu’après Pointe-Saint-Charles, Postes Canada va faire la même chose avec tous les « Pointe-Saint-Charles » du Québec et du Canada qui sont au-dessous de la moyenne?  Va-t-elle utiliser la même raison pour délocaliser, franchiser ou fermer les bureaux de poste des régions éloignées de grands centres, dans des petites municipalités « à trop faible fréquentation »?  La question se pose : quand on ne vaut pas un bureau de poste public, quelle importance a-t-on pour un gouvernement ... 

3ième argument. Madame Carole Lortie, porte-parole de Poste Canada, nous dit que les citoyens de Pointe-Saint-Charles auront les même services avec les comptoirs postaux franchisés qui entourent le quartier.  Tout d’abord, ces services, à l’extérieur du quartier, ne sont plus des services de proximité. Et puis, est-ce que ce sont vraiment les mêmes services? Si c’est le cas, Mme Lortie et Mme Greene pourraient-elles nous expliquer pourquoi des citoyenNEs de Ste-Julie se plaignent actuellement du manque de service de leur nouveau comptoir postal franchisé inauguré l’été dernier? C’est Mme Lortie elle-même qui a avoué que le service dépendait des contrats et ententes avec le privé, et que dans certains cas, certains services ne sont pas possibles à cause de la formation et de l’équipement que ça nécessite. Fermeture et privatisation ne signifieront jamais l’amélioration des services et l’exemple de Sainte-Julie le démontre une fois de plus.

4 ième argument. Poste Canada nous dit que l’espace du bureau de poste est trop grand et que le de vient à échéance. Pourtant la mairesse de notre arrondissement, nous avons eu la confirmation que l’Office municipal d’habitation, qui est propriétaire, était prêt à poursuivre la location tout en ajustant l’espace aux besoins de Postes-Canada.

Aucun des arguments mis de l’avant ne tient la route, il n’y a aucune bonne raison de fermer le bureau de Pointe-Saint-Charles. Par contre il y a de très bonnes raisons pour le garder ouvert :

Le bureau de poste fait partie intégrante de notre communauté. Entre 200 à 300 personnes utilisent chaque mois les mandats postes, dont la plupart ne possèdent pas de compte de banque. Cela fait 200 à 300 bonnes raisons de garder notre bureau de poste ouvert. Sans parler des personnes à mobilité réduite, des personnes âgées, des organismes qui utilisent les casiers postaux dont le caractère confidentiel peut s’avérer essentiel.

Le bureau est largement fréquenté, par les résidants, les entreprises, les organismes communautaires et les commerces à proximité… sans compter tous les nouveaux développements à venir. Postes canada a été là depuis plus d’une vingtaine d’année, même dans des périodes où l’on a vu la population baisser et les commerces fermer.  Et maintenant qu’il y a une certaine forme de relance, ils voudraient partir?  Il nous semble que c’est faire les choses à l'envers…

À Pointe-Saint-Charles, on se mobilise depuis des années pour développer nos quartiers, améliorer nos conditions de vie, pour avoir des milieux de vie complets, avec des services de proximité. Ca n’est certainement pas pour voir fermer les quelques services du quartier. On a voulu récemment fermer une école. Maintenant c’est au tour du bureau de poste. Et demain, à qui le tour? Dans le même temps, on entend nos ministres nous parler de développement régional et souhaiter que les communautés se prennent en main. On voudrait donc leur rappeler qu’une façon simple d’appuyer les communautés locales, c’est d’améliorer les services publics, pas de les éloigner, les réduire, les fermer ou les privatiser.

Postes-Canada a d’abord voulu mettre les citoyens de Pointe-Saint-Charles devant un fait accompli et éviter de rendre des comptes sur son mandat. Puis, face aux multiples mobilisations de la communauté et à la pétition envoyée à la Chambre des Communes, les seules réponses ont été de brefs communiqués via les journaux locaux.  

Il est inadmissible qu’une telle décision soit prise sans vrai débat. Alors aujourd’hui, nous demandons aux responsables de Postes Canada de venir rencontrer les citoyens. Nous invitons Madame Moya Greene, présidente de Postes Canada, Monsieur Lawrence Cannon, Ministre responsable de Postes Canada et Monsieur Michael M. Fortier, Ministre responsable de la région de Montréal, à venir s’expliquer en assemblée publique devant les citoyens et citoyennes de Pointe-Saint-Charles. Ils auront alors l’opportunité de démontrer aux citoyens les supposés avantages de cette fermeture…. Ils pourront aussi entendre les arguments de citoyens pour lesquels un service public de proximité est un service essentiel.

En attendant que cette assemblée ait lieu, nous demandons à Postes Canada de suspendre la décision de fermeture du bureau prévue pour mars 2008, et de maintenir le bureau de poste tel qu’il est dans le quartier de Pointe-Saint-Charles. On peut, et on va, trouver des solutions pour garder un service postal public pour la population de Pointe-Saint-Charles.

Et nous lançons un appel à toutes les communautés du Québec et du Canada à nous appuyer. Parce qu’elles pourraient bientôt subir le même sort qu’à Pointe-Saint-Charles. Pour que nous conservions tous et toutes nos services publics.

En cette journée de Saint-Valentin, notre message à Mme Greene, c’est que notre bureau de poste, on l’aime public… et proche, s.v.p ! »

 

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Documents connexes

Rejet de la déréglementation postale dans le cadre de l’Examen stratégique de la Société canadienne des postes (Septembre 2009)

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